Une autre découverte.
23/12/2013 17:47 par haulchinois
De très près on découvre que même au printemps, la glace est encore figée sur les côtés de la grande cascade.
Les températures à ces endroits doivent être terribles car l'eau est vive et circule.
Pourtant, elle se fige malgré tout.
Gagné!
Voilà : Tout est consommé.
Comme un enfant qui découvre la vie, devant tant de beauté je reste muet. Je contemple cette cascade dévalant et déferlant d’un mur de roches de glace et de neige au milieu d’un chaos presque ordonné .
Tandis que celles et ceux qui comme moi ont tenté l’aventure savourent de la même façon l’instant présent.
Puis au bout de peu d’instants j’ai beau faire .
Interrompant mon silence , je reprend ce dialogue intérieur qui me dit apprécie et profite de ta chance d‘être là.
Déguste avec une presque jouissance, la petite collation que tu as emporté avec toi .
Car sans nul doute, rares sont les mortels qui comme toi se seront Restaurés dans un tel Eden.
Alors à ce moment là, la fatigue de la montée et l’idée même de la descente s’estompe.
Plus rien n’existe et ne compte.
Je me trouve dans un autre monde.
Photo : L’arrivée .
Un dernier effort.
Cette fois, après plusieurs heures d’efforts, j’entrevoie la fin du périple.
Déjà un immense bonheur me prend les tripes car je suis presque arrivé à l’objectif que je m’étais fixé.
Comme pour saluer ma ténacité, un rapace me survole m’apportant encore plus un sentiment de liberté dans un environnement certes qui peut se révéler rapidement hostile mais si extraordinaire .
Devant ce spectacle d’un autre monde, comme moi les rares âmes que l’on rencontre encore à ce moment là, sont démunis de mots pour Exprimer leur bonheur et leur émerveillement.
Photo : Oiseaux rapaces à Gavarnie.
Près du but.
Continuant mon approche vers le pied de la cascade, je suis obligé encore de traverser des bandes de neige et de glace que les Montagnards nomment le «ã€€Névé » .
Ces amas étant logés dans des genres de creux , par sécurité, c’est en plantant mon bâton, en premier que je m’aventure sur cet obstacle.
Curieux sentiment que celui d’avoir très chaud avec la tête au soleil et les pieds dans la glace.
Mes pieds dans la neige.
En Camargue le Riz pousse le pied dans l’eau et la tête au soleil.
Aujourd’hui moi je suis obligé d’avoir mes pieds dans la neige et la glace tout en protégeant ma tête par un couvre chef pour atténuer l’effet que produisent de puissants rayons d’un soleil comme chacun le sait : généreux en montagne.
Photo : Pieds dans la neige.
Froid au pieds et chaud à la tête.
Comme pour se protéger des agressions humaines, c’est le dernier Rempart sous forme de barricade neigeuse que la cascade de Gavarnie dresse devant elle.
C’est le torse nu , en short mais pourtant les chaussures de marche dans la neige que l’on est obligé de la franchir pour continuer à progresser vers elle en cette mi-juin .
Une rigueur absolue du climat en hiver a contribué à ce qu’à ce moment encore les restes de ces intempéries sont toujours présentes, ravissant tout naturellement les touristes.
Photo : Blancheur éternelle.
Les mots son superflus !
Etant incapable de décrire le plus fidèlement possible ce que mes yeux voient lorsque je me trouve devant une merveille de la Nature, j’évite d’expliquer à autrui ces visions idylliques .
Car ce serait offenser Dieu que de par une narration imparfaite, je ne puisse relater de façon fidèle, la perfection et le sublime de son oeuvre .
Loin du Monde.
Passé l’étape où les bêtes arrêtent leur course, après avoir marché et grimpé pendant déjà plus d’un quart d’heure, en me retournant j’aperçois au loin ce refuge qui devient au fil de ma montée de plus en plus petit.
J’entre alors au plus profond de la nature.
Là où nous les hommes devenons vulnérables tant sa grandeur nous Enchante, mais nous écrase aussi.
Non je ne m'arrête pas contrairement aux ânes et chevaux, mais je goûte quelques instants le spectacle somptueux et démesuré du cirque de Gavarnie.
Puis je change de maillot, car la température baisse malgré un soleil généreux.
L’arrêt des bêtes.
Beaucoup pensent que c’est à très peu de distance du pied du cirque que les animaux ( chevaux et ânes ) transportant les touristes peu marcheurs ou en quête de dépaysement, sont stoppés à l’étape de l’Hôtellerie du cirque.
Mais par une de mes photos prochaines , vous vous apercevrez que la messe est loin d’être dite.
Plus : le très dur reste à faire.